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Paul Raboutet

Un hommage au président fondateur de la Société de Amis du Vieux Blaye, qui permit par son action continue, la sauvegarde de la citadelle de Blaye.

par Arlette Cotton de Bennetot,
article extrait de Petit dictionnaire des rues de Blaye.

Paul Raboutet, né à Blaye le 10 avril 1902, mort au Bouscat le 26 octobre 1968, fils de Maurice Raboutet, magistrat, et de Joséphine Chassigneux, marié à Yvette Faurie, dont une fille, mariée dont postérité. Il était le frère du médecin-général Jean Raboutet, marié à Jeanine Trégan, dont deux enfants.

Attiré très jeune par le journalisme, il publie dès 1922 des articles dans l’Avenir blayais. Après son service militaire, il collabore à l’Illustration puis à l’agence parisienne de « La Petite Gironde » dont il devient, en 1933, le rédacteur parlementaire à la Chambre des députés. Après la Libération, il entre au journal « Sud-Ouest » où il termina sa carrière en qualité de secrétaire de la rédaction. Il fut également rédacteur en chef du journal « L’Estuaire girondin ».

Chevalier de la Légion d’honneur en 1953, chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1958, il fut en 1965 l’un des dix lauréats du Concours national « Chefs-d’oeuvre en péril ».

C’est à lui que les Blayais doivent la sauvegarde de leur Citadelle ; lui qui fonda, le 14 février 1938, la Société des Amis du Vieux Blaye dont il fut le premier président, ainsi que le musée d’Histoire et d’Art du Pays blayais (mai 1949). Lui encore qui organisa, dans ce cadre qui lui tenait tant à coeur, ces festivals d’art dramatique et ces expositions qui portaient loin la renommée de sa petite patrie dont il fut conseiller municipal de 1953 à 1965.

Homme affable et courtois, il savait faire preuve de fermeté et d’une rare ténacité dès qu’il s’agissait de protéger le patrimoine national. Il n’hésitait pas à se déplacer pour accomplir une démarche importante, tel l’infatigable Vauban, épuisant coches et montures sur les routes de France, afin de renforcer la sécurité des frontières du royaume par une ceinture d’altières forteresses.

Au printemps 1936, l’entreprise qui exploite la carrière située sur l’emplacement des Cônes depuis plus d’une dizaine d’années, s’attaque à la démolition des glacis, fossés et remparts situés en avant de la demi-lune du même nom. Cette démolition, qui est entreprise à l’insu de la municipalité de Blaye, suscite un vif émoi chez tous les amoureux de la citadelle.

C’est alors que Paul Raboutet écrivit une violente protestation qui parut dans l’Illustration du 12 décembre 1936 et alla jusqu’à demander audience au ministre Jean Zay pour l’entretenir de cette affaire. Il obtint gain de cause, car le 27 août de l’année suivante, le Journal officiel publiait le classement définitif de la Citadelle « avec ses bastions, ses fossés, ses demi-lunes, ses glacis et le terrain militaire qui l’entoure ».

En 1942, Paul Raboutet dut encore intervenir pour faire cesser la destruction du château des Rudel. Sous son impulsion, les ruines de ce château furent peu à peu dégagées par des équipes d’étudiants de l’Association internationale Concordia, permettant de retrouver l’infrastructure des anciennes pièces de ce monument médiéval. Par ailleurs, il parvint à obtenir la mise en souterrain du réseau électrique, ce qui a permis la suppression de poteaux en ciment, véritablement anachoniques.

En outre, Paul Raboutet s’est attaché à faire revivre le passé de la ville de Blaye en faisant apposer sur les murs quantité de plaques commémoratives, évoquant soit un monument ou un événement ancien, soit un personnage qui eut en son temps sa célébrité. Son zèle à rebaptiser les rues de notre cité ne rencontrait pas toujours l’assentiment des Blayais, par exemple celui de certains commerçants qui se voyaient ainsi dans l’obligation de changer l’en-tête de leurs factures et de leurs publicités !

Comme le dira au pied de sa tombe, Me Henri Vincent « Oui, Paul Raboutet aimait passionnément sa ville natale. Il faisait corps avec elle et quand, après l’absoute en l’église Saint-Romain, le long cortège aux chars couverts de fleurs se mit en marche pour le conduire à sa dernière demeure, il me semblait voir, telle une haie d’honneur, tous ces grands disparus qu’il allait rejoindre mais qui furent toujours pour lui, des êtres familiers. »




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